Texte à méditer :   Loué sois-tu mon Seigneur, avec toutes tes créatures !   saint François d'Assise
 
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Le Bienheureux Jean Duns Scot (1266 –- 1308)

(patron  de la Province franciscaine de France-Belgique)

Jean Duns Scot, si grand soit-il comme philosophe et théologien n’a jamais été considéré comme un maître spirituel, à la différence de saint Bonaventure, plus connu du public chrétien comme « spirituel » que comme théologien. Jean Duns Scot n’a écrit aucun traité de vie spirituelle, rien ne nous est connu de son ministère apostolique, ni de sa propre vie de religieux.

Duns Scot est le dernier grand personnage de l’Ordre qui a été placé sur les autels ; il a tenu une place non-négligeable dans l’histoire de la pensée chrétienne développée dans l’Université de Paris où il fit plusieurs séjours . Il est à l’origine d’une vision théologique de la primauté du Christ et de l’économie du Salut adoptée par tous les frères et favorablement accueillie par nos contemporains, et  les trois derniers papes (Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI) ont souligné la grandeur de sa pensée et son inspiration spécifiquement franciscaine.

L’intérêt pour Duns Scot et le scotisme a été relancé, à la fin du XIXe siècle, début du XXe siècle par un frère franciscain de France : Déodat de Basly (1862-1937) qui fut, certes très controversé, mais dont on ne peut nier l’application, l’enthousiasme et un certain génie. Il avait fondé le couvent du Havre et avait attiré un public considérable intéressé par la pensée franciscaine. Son disciple Léon Sellier fut aussi un adepte reconnu de la théologie scotiste.

La vie du bienheureux Jean Duns Scot

Les données historiques fiables sont assez rares, et il faut reconstituer avec vraisemblance ce qui se situe entre les dates sûres de son existence. – Le père Ephrem Longpré ayant retrouvé la date de son ordination sacerdotale, le 17 mars 1291, c’est à partir de là que l’on situe la naissance de Jean, 25 ans auparavant vers 1266. Sur le lieu de sa naissance, on hésite encore entre deux sites qui revendiquent cette naissance : Duns, près de Berwick, en Ecosse, berceau de sa famille, position communément retenue aujourd’hui, ou Littledean, près de Maxton dans le comté de Roxburgh, en Ecosse. Son nom de famille est bien Duns, Scot désigne son origine écossaise.

 Les Duns, gentilshommes écossais, étaient proches des Franciscains qu’ils avaient aidés à s’établir en leur donnant un terrain. On connaît un frère Hélie Duns, gardien de Dumfries (Écosse) et l’on pense que Duns Scot entra chez les Frères mineurs de cette ville, vers 1280, avant d’entreprendre son cursus théologique à Haddington. Il rejoint ensuite le Studium général d’Oxford, pour y obtenir la maîtrise es arts, puis la licence de théologie, peut-être lors d’un premier séjour à l’université de Paris (1291 - 1296), sous la régence de Gonzalve de Bilbao (connu aussi sous le nom de Gonzalve d’Espagne). En se basant sur les statuts de l’université qui indiquent la durée des différentes étapes d’une carrière d’enseignant, on pense que Jean Duns fut lecteur biblique vers 1296-1298, puis bachelier des Sentences, un an après. Ensuite il obtint la maîtrise d’enseignement qu’il exerça probablement à Oxford (ou partiellement à Cambridge).

De 1301 à 1303, il est de nouveau à Paris, au studium général du Grand Couvent, où il commente le Livre des Sentences pour obtenir le Doctorat. Ici se situe un épisode tout à son honneur : ayant refusé de souscrire l’appel du roi Philippe le Bel contre le pape Boniface VIII, il est contraint de s’exiler précipitamment et il se retrouve à Oxford, sous la houlette du maître Guillaume de la Ware qui exerça sur lui une réelle influence, à moins que ce ne soit l’étudiant qui ait le plus apporté à son maître. Mais Gonzalve d’Espagne, devenu ministre général de l’Ordre, qui se souvient de son brillant élève, le fait revenir à Paris, en 1304, en écrivant au ministre provincial l’éloge de son protégé : « Je recommande à votre charité notre très cher frère dans le Christ, le père Jean Scot, dont la digne vie, l’excellente science, le très subtil génie et d’autres qualités remarquables me sont bien connues, en partie en raison d’une longue communauté de vie avec lui et en partie de sa large réputation… »

A Paris, il devint Maître Régent du studium général franciscain. De cette époque datent plusieurs de ses œuvres, probablement les Quodlibet. En 1307, le chapitre général de Toulouse auquel il assista, le transfère au couvent d’études de Cologne, peut-être parce qu’il était attaqué, à Paris, en raison de sa doctrine sur l’Immaculée conception de Marie. Mais peu de temps après, le 8 novembre 1308, il meurt à Cologne à l’âge de 42 ans, et est enterré dans cette ville, dans l’église des Frères Mineurs. Dès son trépas, il fut vénéré dans l’Ordre franciscain, qui s’efforça d’obtenir sa béatification, longtemps sans succès en raison de l’opposition des théologiens de l’Ordre des Prêcheurs. Cependant, en 1701, le diocèse de Nole, en Italie, obtint l’autorisation de célébrer annuellement son culte. Le 2 mars 1993, le pape Jean-Paul II a validé la reconnaissance de son culte comme bienheureux. Le corps du bienheureux Jean Duns Scot repose à Cologne (Allemagne), dans la Minoritenkirche, proche de la Cathédrale, dans un sépulcre moderne en pierre, où l’on a reproduit l’épitaphe de son premier tombeau : L’Écosse me vit naître, l’Angleterre m’a accueilli, la France m’a enseigné, et Cologne me garde.

Sa pensée

Les universitaires d’aujourd’hui s’intéressent surtout à Duns Scot comme à un philosophe et un logicien.

A l’époque moderne il fut méconnu ou critiqué, en dehors des écoles des Mineurs, cependant Leibniz, se mit à l’école du scotisme dans sa jeunesse.

 Au XIXe siècle, le mathématicien Georg Cantor (+1918), père de la théorie des ensembles, s’inspira de Duns Scot pour développer sa théorie de l’infini en mathématique.

 Le philosophe-sémiologue américain Charles Sanders Peirce (+1914) s’en réclame pour fonder une métaphysique scientifique, à partir de la compréhension de l’être comme genre logique ou concept général, faisant de Duns Scot un précurseur du pragmatisme.

 Heidegger (+1976) lui consacre sa thèse de doctorat, considérant Scot comme un des penseurs qui finalisent au Moyen Âge l’ontothéologie, c’est-à-dire la réduction de l’Être à Dieu comme l’« Étant » suprême et général.

 Hans Blumenberg (+ 1996) : la réception contemporaine de la pensée scotienne de la volonté. Deleuze, philosophe contemporain (+1995) lit Scot comme un penseur anti-théologique : la doctrine de l’univocité de l’être (l’étant est commun à Dieu et aux créatures) serait une arme contre la conception analogique et transcendante de Dieu (Dieu est Être de manière suréminente, sans commune mesure avec l’ensemble du créé).

 Hannah Arendt, philosophe juive (+ 1975) qui a souligné le concept de « liberté » tel que pensé par Duns Scot, le considère comme « le plus important philosophe chrétien du Moyen-Age".

 Je ne puis développer ici les principaux thèmes de la philosophie de Duns Scot, il me faudrait beaucoup de temps, et c’est hors de mes compétences. Par contre je voudrais rappeler quelques thèmes de sa pensée théologique, qui nous est plus familière.

La théologie de Duns Scot

Il ne faut pas oublier que pour les maîtres scolastiques, la philosophie est servante de la théologie. Duns Scot est un théologien épris de rationalité et de logique ; certaines questions majeures de sa pensée théologique sont gouvernées, inspirées par des principes fondamentaux d’ordre philosophique, comme par exemple le primat de la volonté dans l’esprit créé, puisque créé « à l’image de Dieu » dont la liberté est souveraine.

Une théologie ‘pratique’

Dieu a voulu librement les créatures, sans aucune nécessité mais dans un pur arbitraire divin. La création est donc originellement contingente et non pas hasardeuse, ni nécessaire. La théologie doit donc se cantonner dans ce réel créé : ce sera donc une théologie pratique dont l’objet est de connaître ou au moins d’approcher ce que ce Dieu-Amour a librement voulu et quelle est la fin poursuivie par Dieu, donc le sens de l’existence humaine. La contingence de la créature n’est pas un défaut, puisqu’elle provient de la libéralité divine, c’est-à-dire de l’amour créateur de Dieu. Même si la raison humaine peut conclure logiquement l’existence d’un premier étant, comme cause ultime de tous les êtres contingents -c’est l’objet du de Primo Principio – le théologien ne peut approcher de la connaissance de Dieu et de son œuvre qu’à partir de la révélation que Dieu fait de lui-même. Ensuite il lui reviendra d’utiliser toutes les ressources de son intelligence pour développer sa connaissance.

L’importance de la liberté

Je cite Mary Beth Ingham : " la défense par Duns Scot de la liberté, à la fois dans les volontés divine et humaine, tout au long de sa carrière, était une défense de la supériorité de la libéralité et de la générosité sur la nécessité et l’obligation"… (p.190)

 C’est dans la volonté de Duns Scot de faire ressortir la volonté libre et amoureuse de Dieu-Trinité, à laquelle correspond la liberté de la personne humaine, que l’on trouve l’originalité de toutes ses positions. Je cite ici Bernard Forthomme :

"Duns Scot est avant tout un théologien de la contingence, au sens où il le définit lui-même : non ce qui est contingent par rapport au hasard ou à la nécessité, mais ce qui est produit de manière contingente et inventive, positivement et non comme une défaillance-, même si cela n’exclut pas des propositions articulant certaines vérités nécessaires (logiquement) ! C’est une critique radicale du nécessitarisme ontologique et scientiste ! Une récusation radicale de la réduction de la destinée humaine au destin, aux déterminismes de toutes natures, y compris angéliques ou astronomiques ! A mettre en relief à une époque où l’homme est réduit à un produit de facteurs déterminants… !" Nous pouvons vérifier son souci de respecter la liberté qu’il s’agisse de sa théologie trinitaire, de sa conception de l’Incarnation rédemptrice, de sa théologie sacramentaire, de sa théologie morale. N’ayant pas le temps de développer ces applications, je me contente de le montrer pour la question de la Primauté du Christ.

La Primauté universelle du Christ

A partir de Col 1, 16-20, Jean Duns Scot développe sa conception de la création et de l’Incarnation.

 Dans le dessein originel de Dieu, qui se suffit parfaitement en lui-même, dans la béatitude parfaite de l’amour trinitaire, il faut poser que le Christ a été le premier voulu, premier né d’un grand nombre de frères, comme il sera ensuite le premier ressuscité. (Col 1, 13-23).

 La raison principale de l’Incarnation... C’est l’Amour totalement libre de Dieu. Une liberté telle que Dieu pouvait ou non agir en dehors de lui-même, mais d’une action qui serait gouvernée par le pur amour.

En premier lieu, Dieu s’aime lui-même (puisqu’il est le Bien souverain) ; en deuxième lieu, il s’aime dans les autres, et cet amour est libre ; En troisième lieu, il veut être aimé par qui peut le plus aimer, en dehors de lui-même ; Quatrièmement, il prévoit l’union de cette nature qui doit l’aimer suprêmement, même si personne ne devait pécher...  (Report. Paris. in III Sent. d. 7 q. 4, n.5, XXIII,303).

Ce texte dit bien la prédestination du Christ et le vouloir créateur portant sur l’Incarnation, indépendamment de l’éventuel péché. Il montre la prééminence du Christ, comme seule créature capable de répondre parfaitement à la volonté créatrice. Seule capable parce qu’aussi seule prédestinée à l’Union Hypostatique avec le Verbe divin. Sans cette intervention créatrice singulière, aucune créature ne serait capable d’aimer Dieu souverainement.

’’Le Christ, principe et fin de l’univers créé’’

Pourquoi la Création, pourquoi l’Incarnation... ? Duns Scot rappelle toujours que le vouloir divin est totalement mystérieux. Parce que Dieu l’a voulu ainsi ! Mais à partir de notre intelligence, de notre raison, par quoi nous ressemblons à Dieu, nous pouvons tenter une analyse logique. Ce qui autorise Duns Scot à dire :

Dans un vouloir universel et bien ordonné (comme est nécessairement le vouloir divin), est d’abord voulu ce qui est le plus proche de la fin poursuivie. Ainsi, de même que Dieu veut d’abord la gloire des élus, avant la grâce qui en est le moyen, de même, entre les prédestinés qu’il destine à la gloire, il veut d’abord celui qui est le plus près de la fin (i-e Celui qui peut le mieux réaliser cette fin). Dès lors, il veut d’abord sa gloire (la gloire du Christ, et donc son existence), avant celle de tous les autres… (Ordin. III d.7 q.3 n.3 , XIV 354-55).

Ce qui ressort de l’ensemble des textes de Duns Scot sur ce sujet, c’est que le Christ est voulu en lui-même pour le plus grand amour de Dieu. Le projet créateur de Dieu se porte d’abord sur lui : Jésus-Christ est lui-même la raison de la création, parce qu’il en est lui même la cause finale, la fin poursuivie par le Créateur. En effet, le projet amoureux de Dieu ne se réalise que dans la mesure où tout le créé sera assumé dans le Christ par qui tout remonte jusqu’au Père.

Dans l’éventualité du péché, contingence liée à la liberté morale de la créature, il reviendra à la créature la plus parfaite, celle qui ne connaît pas le péché de réorienter l’homme vers la réconciliation avec ce Dieu-Amour. Mais Jésus-Christ qui prendra librement cette tâche, l’exécutera de la façon qui respectera le mieux la liberté des hommes. Un seul acte d’amour de la part de la créature la plus aimée de Dieu aurait pu suffire à réaliser la purification des pécheurs, mais il fallait que ceux-ci adhèrent librement à l’alliance nouvelle qui leur est proposée. Dans la mesure où le péché avait été la conséquence d’une « séduction » déviée de l’homme (séduit davantage par un bien créé que par la séduction venant de l’amour divin), c’est par une séduction plus forte que le pécheur pouvait se convertir vers le Dieu-Amour. Dans l’état misérable des pécheurs, seule une preuve indubitable de l’amour pouvait toucher leur cœur. En assumant pleinement la condition humaine, Jésus-Christ innocent va éprouver la violence, la haine, l’injustice, la torture… qui sont les fruits des mauvais vouloirs des hommes pécheurs. Pour ceux-ci, la passion et la mort injuste de Jésus-Christ seront susceptibles de provoquer une nouvelle ‘séduction’ pour les réorienter librement vers le bien : Pourquoi Jésus a-t-il voulu librement donner sa vie pour les pécheurs ? C’est pour nous séduire par son amour, répond Duns Scot. Dieu ne nous contraint pas à nous tourner vers lui, il nous invite à le faire librement, à la vue de l’amour indubitable dont témoigne Jésus dans sa Passion.-

Marie, dans le plan divin du salut

Trois grandes intuitions président les réflexions théologiques de Jean Duns Scot :

 1° - Avant de penser à l’homme pécheur, il faut réfléchir sur l’homme sanctifié. Car le dessein d’un Dieu d’amour ne peut pas être de vouloir créer des pécheurs pour les racheter ensuite ou les châtier dans leur rébellion, mais c’est de vouloir être aimé par des créatures libres en qui la grâce divine agirait pour les conduire à leur fin, la communion bienheureuse avec les Personnes divines, même si, du fait de leur liberté et de leur fragilité de créatures elles pourraient risquer de se perdre. Le dessein créateur est donc originellement un dessein de salut dont Jésus-Christ est l’archétype et l’unique médiateur.

 2° - Jésus-Christ, qui en tant qu’homme est la créature la plus aimée de Dieu, donc la plus parfaite réalisation du dessein éternel de Dieu, ne peut pas devoir son existence à une cause contingente, à savoir la chute, même probable de l’homme. Il est le premier voulu, avant toute autre créature, parce que la volonté divine se porte d’abord sur celui qui peut le mieux réaliser son dessein éternel. C’est d’ailleurs ce qui a été révélé dans l’épître aux Colossiens : 1, 13-20 : « Il est lui, l’image du Dieu invisible, le Premier-né avant toute créature, car c’est en lui qu’ont été créées toutes choses, dans les cieux ou sur la terre…Tout a été créé par lui et pour lui (ou vers lui)… ».

3° - Pour parler de Marie, il faut partir du Mystère du Christ, car elle appartient à ce mystère, elle fait partie de la prédestination de l’Incarnation. Dieu n’est pas soumis au temps des hommes, car son dessein est éternel, et éternelle en est la réalisation.

 A partir de là, Duns Scot va résoudre les difficultés qui lui sont opposées par les théologiens qui tout en soutenant la sanctification de Marie dès avant sa naissance, comme le firent saint Bernard ou saint Thomas, hésitaient encore à affirmer la sainteté même de sa conception.

 a) quant au péché originel : Duns Scot n’admet pas qu’il soit transmis par l’union des corps, car dit-il justement, même si le corps est souvent l’occasion du péché, le péché est un acte de la volonté, il se situe dans l’esprit ou l’âme de celui qui pèche. C’est le fait d’appartenir à la nature humaine qui nous rend solidaires d’Adam et affectés par le Péché originel.

 b) Dieu n’est pas lié par le temps des hommes : d’ailleurs tous les justes de l’Ancien Testament ont bénéficié eux-aussi de la grâce rédemptrice que leur méritait la Rédemption de Jésus…à venir. Du point de vue de Dieu, création, rédemption, salut sont actés et vus dans un seul instant.

 c) Marie a elle aussi bénéficié des mérites de la Pâque de Jésus, or, une grâce qui préserve est bien plus éminente qu’une grâce qui guérit, rien ne s’opposait donc à ce qu’elle soit préservée du péché originel du fait des mérites de Jésus-Christ, bien au contraire, cela “convenait” plus parfaitement et manifestait l’amour de prédilection que Jésus-Homme Dieu devait à sa mère, la créature la plus proche de lui, qui le porterait en son sein dans une intimité absolue. Ainsi est-elle celle qui a reçu en plénitude les grâces de la Rédemption. Non seulement elle n’échappe pas à la Rédemption universelle, mais elle en est la meilleure bénéficiaire.

 Bien entendu, il n’appartient pas au théologien de décider ce que Dieu devait faire, mais il peut raisonner avec prudence sur ce qui s’est passé, de fait. C’est ce qui autorise la fameuse phrase attribuée à Duns Scot, en un résumé lapidaire : Deus potuit, hoc decuit, autem fecit : Dieu pouvait le faire, cela convenait hautement, il l’a donc réalisé.

 Le bienheureux Duns Scot soutient donc que Marie, par une grâce singulière qui lui vient des mérites de son Fils a été totalement préservée du péché originel, dès sa conception, en vue du rôle qui lui était dévolu par Dieu de mettre au monde son Fils. Ce sont presque les termes qui seront retenus par la définition du dogme, par Pie IX, en 1854, six cents ans plus tard.

L’ Œuvre de Jean Duns Scot

La plupart des œuvres de Duns Scot sont des reportationes, c’est à dire des notes prises au vol par ses élèves, et certaines relues par le maître, d’où la difficulté de publier un texte authentique et critique, à partir de très nombreux manuscrits répartis dans les bibliothèques d’Europe. L’historien franciscain Luc Wadding a publié toutes ces œuvres, à Lyon en 1639, en 12 volumes, mais qui incluent des commentaires, pas toujours heureux, et des œuvres faussement attribuées à Duns Scot. Cette ancienne édition fut reprise (1891-1895) en édition moderne de 26 volumes, à Paris de 1891 à 1895. C’est celle qui est la plus consultée aujourd’hui. Enfin, sous l’impulsion du père Carolus BALIC, une édition critique est en cours depuis 1950, publiée par la Commission scotiste des Frères mineurs et l’imprimerie polyglotte vaticane. Elle paraît lentement, au rythme de la préparation des œuvres. Une douzaine de volumes est déjà publiée.

NB. Pour ceux qui voudraient réviser ou approfondir leur connaissance de Jean Duns Scot, je leur conseille de lire le petit livre de Mary Beth Ingham Initiation à la pensée de Jean Duns Scot, ou plus ancien, le livre du P. Léon Veuthey Duns Scot, pensée théologique, aux Éditions Franciscaines , et même le numéro spécial d’Évangile Aujourd’hui, n°160 (Nov.1993).

Fr. Luc MATHIEU, ofm


Date de création : 03/05/2016 @ 21:42
Catégorie : Encyclopédie - Personnes-J-K
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